C'est à partir de la Réforme et de la Contre-Réforme que date vraisemblablement la distinction occidentale entre ce qui serait "érotique" (par exemple le nu artistique) et ce qui serait pornographique, c'est-à-dire illicite et condamné à la clandestinité (même si ce ne sont pas les termes employés à l'époque classique). La contrainte exercée sur les murs fait donc à ce moment de la pornographie un exercice de liberté et de subversion.
Ce sera le cas notamment en France avec l'apparition d'une littérature libertine au xviiie siècle avec des auteurs aussi différents que Diderot (Les Bijoux indiscrets), Crébillon fils (Le sopha, Les Égarements du cur et de l'esprit), Fougeret de Monbron (Margot la ravaudeuse) et bien d'autres auteurs aujourd'hui oubliés.
Pendant et après la révolution, les célèbres travaux du Marquis de Sade furent publiés. Ils ont souvent été accompagnés dillustrations et ont constitué un support politique. Les uvres du Marquis de Sade constituent l'aboutissement extrême et singulier de cette littérature dont il donne une version particulièrement noire et cruelle (le "sadisme" de l'auteur va jusqu'au meurtre d'hommes, de femmes et d'enfants). En Angleterre, Les Mémoires de Fanny Hill de John Cleland appartiennent à la même tradition "libertine".